La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, issue de l’ANI du 25 juin 2025, a réformé en profondeur l’entretien professionnel, désormais dénommé « entretien de parcours professionnel ». Dans un questions-réponses publié le 13 février 2026, le Ministère du Travail apporte des précisions attendues.
Une périodicité portée à quatre ans
L’entretien professionnel devait jusqu’alors avoir lieu tous les deux ans. Désormais, tout salarié bénéficie d’un entretien de parcours professionnel tous les quatre ans. Cette périodicité est appréciée en années révolues d’ancienneté (art. L. 6315-1 du Code du travail). L’état des lieux récapitulatif intervient quant à lui tous les huit ans, avant la neuvième année d’ancienneté.
Pour les salariés déjà en poste, le nouveau délai de quatre ans court à compter du dernier entretien si, au 26 octobre 2025, le délai de deux ans n’était pas expiré. Le bilan, antérieurement tenu tous les six ans, est prorogé à huit ans.
Les accords collectifs peuvent prévoir une périodicité différente, plus favorable pour le salarié (soit dans une limite de quatre ans). Les stipulations excédant cette durée deviendront automatiquement caduques au 1er octobre 2026 si elles ne sont pas révisées.
Abondement correctif et contrôle
À défaut de respect de la périodicité et d’au moins une formation non obligatoire, l’employeur doit verser un abondement correctif de 3 000 € sur le CPF. Ce versement, à effectuer spontanément via la Caisse des dépôts et consignations, peut être contrôlé par les DREETS, avec un risque de majoration en cas de carence.
Entretiens renforcés
Depuis le 26 octobre 2025, s’ajoutent : un entretien dans l’année suivant l’embauche, un entretien de mi-carrière (45 ans) et un entretien de fin de carrière (dans les deux ans précédant les 60 ans), indépendamment du nouveau cycle quadriennal.
Ces nouvelles règles, déjà en vigueur, imposent en conséquence un audit des pratiques et des accords en vigueur afin de sécuriser les échéances et limiter le risque contentieux. En effet, les salariés dont l’entretien n’est pas tenu à ces échéances pourraient se prévaloir de l’absence d’entretien pour solliciter des dommages et intérêts.